EMISSION DU MARDI 1 Avril 2014

Emission réservée aux grands opéras : SIGFRIED et RICHARD WAGNER

Acte I
L'acte s'ouvre sur le nain Mime qui frappe sur une enclume des morceaux d'acier pour confectionner une épée. Siegfried, fils des jumeaux Siegmund et Sieglinde (personnages de la Walkyrie), est son fils adoptif. Sa force est telle que toutes les épées qu'il a jusqu'à présent forgées pour lui se sont cassées comme du cristal entre ses mains. Cette force inspire Mime. Siegfried est le seul qui puisse terrasser Fafner, le frère de Fasolt, qui s'est transformé en dragon grâce au Tarnhelm, le heaume magique, et qui hante la région de Neidhöhl. Fafner mort, Mime espère récupérer le Tarnhelm et l'Anneau. Pour cela il tente de reforger Nothung, l'épée brisée de Siegmund par la lance de Wotan (La Walkyrie), mais il utilise tout son art en vain.

Arrive Siegfried, accompagné d'un ours qu'il vient de capturer vivant au cours d'une chasse. Il envoie l'animal attaquer Mime afin que ce dernier se dépêche de lui fournir une nouvelle épée. Sa nouvelle lame en main, Siegfried s'emporte, casse la lame et moleste Mime. Il se gausse de sa médiocrité. Il s'ensuit une violente dispute au cours de laquelle Mime confesse qu'il n'est pas le père de Siegfried et lui révèle ses origines. Siegfried s'en va parcourir le monde en laissant Mime seul.

Mime, perdu dans ses pensées, voit sa tranquillité troublée par l'arrivée d'un Voyageur borgne (Wotan, appelé Der Wanderer dans tout le livret). Ce Voyageur demande refuge auprès de Mime. Une dispute éclate. Mime défie alors le Voyageur, qui lui offre sa tête s'il ne peut pas répondre à ces trois questions :

Quel peuple vit dans les profondeurs de la terre ? (Erde Tiefe dans le livret) Les Nibelungen auxquels appartient Mime.
Quel peuple vit sur la crête du monde ? (Erde Rücken) Les géants (Riesen) dont viennent Fafner et Fasolt
Quel peuple vit dans les monts célestes ? Les dieux dont Wotan est le maître.
Mime, vaincu, doit accueillir le Voyageur. Ce dernier se venge du mauvais accueil de Mime en lui lançant le même défi. Avec comme questions :

Quel est le peuple préféré de Wotan bien qu'il soit cruel envers lui ? Les Waelsung dont sont issus Siegmund, Sieglide et Siegfried.
Comment Siegfried peut-il tuer Fafner ? Grâce à Nothung.
Comment reforger Nothung ?
Mime ne connaît pas la réponse à la dernière question. Mais Wotan refuse de lui prendre sa tête. Il laisse la destinée de Mime entre les mains de celui qui pourra reforger Nothung.

Siegfried réapparaît. Le Voyageur s'éclipse. Siegfried se prépare à partir tuer Fafner. En effet, Mime acceptera de le laisser parcourir librement la terre entière que lorsqu'il éprouvera de la peur. C'est une promesse que Mime aurait faite à Sieglinde, sa mère. Siegfried aiguillonné par Mime pense que Fafner pourra lui apprendre la peur. Siegfried reforge avec succès Nothung tandis que Mime prépare une boisson empoisonnée. Il a un nouveau plan, il tuera Siegfried une fois Fafner mort. Il s'emparera ensuite de l'Anneau et du Tarnhelm pour devenir maître du monde. L'acte s'achève sur la destruction de l'enclume de Mime par Siegfried grâce à Nothung.

Acte II
Dans les ténèbres et la brume de Neidhöhl, Albérich guette celui qui s'approche de l'antre de Fafner avec la ferme intention de le tuer. Sa ronde l'amène à croiser le Voyageur. Albérich reconnaît Wotan et lui ordonne de partir, mais le Voyageur reste : il ne fait que déambuler. Wotan ne peut attaquer Fafner lui-même car par contrat il lui a remis l'Anneau. Albérich lui rappelle la malédiction qui le poursuivra si jamais il touche à l'Anneau. Albérich le soupçonne d'utiliser Siegfried à cette fin. Le Voyageur affirme sa neutralité. Fafner mort, il ne cherchera pas à reprendre l'Anneau.

Mais le héros, poursuit le Voyageur, est accompagné de Mime qui a également des vues sur l'Anneau. Le Voyageur réveille ensuite Fafner et titille Albérich. S'il parvient à convaincre Fafner de lui céder l'Anneau, il doublera Mime. Mais Fafner refuse, malgré les avertissements d'Albérich concernant le héros, de rendre l'Anneau. Il a seulement aiguisé son appétit. Fafner retourne ensuite se coucher. Le Voyageur, satisfait, s'en va en confiant à Albérich que seuls Mime et lui sont en concurrence pour l'Anneau.

Mime et Siegfried arrivent à Neidhöhl. Siegfried, abandonné par Mime, s'extasie sur la beauté environnante. En essayant d'attirer un Oiseau, il réveille Fafner. Après un échange rivalitaire, le combat s'engage et Fafner est vaincu. Durant son agonie, Fafner conte sa vie : le dernier des Riesen, le fratricide... Brûlé à la main par le sang du dragon, Siegfried lèche ses doigts. Subitement, il peut comprendre le chant des oiseaux. L'Oiseau lui parle du Tarnhelm et de l'Anneau. Siegfried entre dans la grotte du dragon.

Mime fouille le cadavre de Fafner. Albérich revient et lui ordonne de disparaître. Ils se disputent le partage du butin. Mime veut bien lui donner l'Anneau s'il garde le Tarnhelm. Albérich veut tout garder pour lui.

Leur querelle est interrompue par Siegfried qui possède les deux artefacts convoités. Albérich reste confiant. La malédiction joue en sa faveur (L'Or du Rhin). Mime félicite le héros pour sa victoire. Il essaye de lui faire boire son poison, mais Siegfried entend le fond de sa pensée au lieu de sa voix et comprend le dessein de Mime grâce au sang bu. Siegfried tue Mime. Caché, Albérich en rit. L'Oiseau parle à Siegfried de Brünnhilde qui dort sur un rocher cerné de flammes (La Walkyrie). Siegfried demande à l'Oiseau de lui montrer le chemin. Ils s'en vont.

Acte III
Wotan convoque une dernière fois Erda, mais celle-ci ne peut plus l'aider à comprendre le monde. Il décide alors d'accepter et même de souhaiter la fin des dieux.

Il tente toutefois de barrer la route de Siegfried avec la lance sur laquelle Nothung s'est brisée une première fois. Siegfried l'emporte et Wotan s'efface.

Siegfried franchit alors le cercle de feu. La vision de Brünnhilde endormie lui fait pour la première fois ressentir les tremblements de la peur. Il la réveille d'un baiser et une passion absolue nait entre eux. Brünhilde abandonne alors la vie éternelle pour les passions humaines et annonce la fin des dieux.

EMISSION DU MERCREDI 2 Avril 2014

Emission réservée aux instruments : HARPE avec XAVIER DE MAISTRE

Xavier de Maistre descend par son père du philosophe Joseph de Maistre1. Il commence des études de harpe, à l'âge de 9 ans, avec sa professeure de solfège qui est également professeure de harpe. Il complète sa formation avec Jacqueline Borot et Catherine Michel à Paris. En même temps, il fait des études à Sciences Po Paris et à la London School of Economics. Nicanor Zabaleta lui conseille : « Vous savez, il y a des milliers de bons avocats, mais un harpiste comme vous, il n'y en a qu'un seul ». Il s'engage alors définitivement dans une carrière de harpiste. À l'âge de 22 ans, il entre en tant que harpe solo à l'Orchestre philharmonique de Vienne et devient ainsi le premier musicien français à intégrer le prestigieux orchestre. En 1988, il remporte le premier prix d'un des principaux concours de harpe dans le monde : USA International Harp Competition de Bloomington. En plus de donner des masterclasses, il enseigne à la Musikhochschule de Hambourg. En 2009, il reçoit le trophée Instrumentalist des Jahres (instrumentiste de l'année) aux Echo awards.

Dans son combat pour mieux faire connaitre la harpe, Xavier de Maistre introduit de nombreux compositeurs dans le répertoire et transcrit des partitions, de manière à ce qu'elles puissent être jouées sur l'instrument. On peut par exemple citer une transcription de La Moldau de Bedřich Smetana.

EMISSION DU JEUDI 3 Avril 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : SAMUEL RAMEY

Samuel Edward Ramey est un chanteur d'opéra américain né le 28 mars 1942 à Colby, au Kansas. Il est considéré comme étant l'un des meilleurs chanteurs basse de sa génération. Il est admiré pour son registre et sa polyvalence, possédant une technique vocale lui permettant de chanter Haendel, Mozart et Rossini, aussi bien que Verdi et Puccini.

Carrière
Il étudie la musique à l'Université du Kansas et à l'Université de Wichita. Après avoir été élève à l'Opéra de Santa Fé, il va à New York où il débute au New York City Opera. Plus son répertoire s'agrandit, plus il passe de temps en Europe, à Berlin, Londres, Paris, Vienne, Glyndebourne, etc.

Il fait ses débuts au Metropolitan Opera en 1984 dans Rinaldo de Haendel. Depuis, il s'est produit dans les salles les plus prestigieuses, dont La Scala, Covent Garden, l'Opéra d'État de Vienne, l'Opéra de Paris, l'Opéra lyrique de Chicago, le New York City Opera, et au San Francisco Opera.

Rôles importants
Dans le répertoire du bel canto, Samuel Ramey a excellé dans Don Giovanni et Les Noces de Figaro de Mozart ; dans Semiramide, Le Barbier de Séville, Le Turc en Italie, L'Italienne à Alger de Rossini ; Anna Bolena et Lucia di Lammermoor de Donizetti et Les Puritains de Bellini.

Il a triomphé dans les trois grands Méphistophélès du répertoire, ceux de Mefistofele de Boito, de Faust de Gounod et de La Damnation de Faust de Berlioz. Il a incarné Barbe-Bleue dans Le Château de Barbe-Bleue de Bartok. Il s'est aussi distingué dans Nabucco, Don Carlos, I Lombardi,Attila et Jérusalem de Verdi, dans Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach et dans Boris Godounov de Moussorgski.

EMISSION DU VENDREDI 4 Avril 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.


EMISSION DU LUNDI 7 Avril 2014

Emission réservée aux grands compositeurs : DOMENICO SCARLATTI

(Giuseppe) Domenico Scarlatti est un compositeur baroque et claveciniste virtuose italien, né à Naples le 26 octobre 1685, mort à Madrid le 23 juillet 1757.

Né la même année que Georg Friedrich Händel et Johann Sebastian Bach, Domenico Scarlatti passe la première partie de sa vie dans le sillage et à l'ombre de son père Alessandro Scarlatti, musicien très renommé et principal promoteur de l'opéra napolitain. Claveciniste virtuose, compositeur d'opéras, musicien de cour ou d'église, il ne parvient pas, cependant, à se fixer durablement et à faire carrière dans une des cités italiennes, férues de musique, où le mènent ses pérégrinations : Naples, Rome, Florence, Venise...

Quelques années avant la mort de son père, il s'installe au Portugal pour y devenir le maître de clavecin de Marie Barbara de Bragance, princesse royale, fille aînée du roi Jean V de Portugal, qui devait épouser en 1729 l'héritier de la couronne d'Espagne, futur Ferdinand VI. Il la suit à Séville, puis à Madrid et à Aranjuez. C'est là, au service privé de la maison de Marie-Barbara, qu'il termine sa vie, ayant composé 555 sonates pour clavecin d'une originalité exceptionnelle et - pour la plupart - inédites de son vivant, qui le posent comme l'un des compositeurs majeurs de l'époque baroque et de la musique pour clavier.

EMISSION DU MARDI 8 Avril 2014

Emission réservée aux grands opéras : PARSIFAL et RICHARD WAGNER

Parsifal est un « festival scénique sacré » (en allemand : Bühnenweihfestspiel, selon l'appellation de Wagner) en trois actes de Richard Wagner créé le 26 juillet 18821 lors du second festival de Bayreuth. Il se fonde sur l'épopée médiévale Parzival de Wolfram von Eschenbach et sur Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes.

EMISSION DU MERCREDI 9 Avril 2014

Emission réservée aux instruments : PIANO et JEAN PIERRE ARMENGAUD

Jean-Pierre Armengaud est né le 17 juin 1943, à Clermont-Ferrand (63). Il est professeur habilité des Universités, musicologue, chercheur et pianiste-concertiste.

Carrière
De 1967 à 1974, il a secondé Germaine Arbeau-Bonnefoy dans la présentation des Musigrains, des cycles de concerts-conférences pédagogiques donnés au Théâtre des Champs-Élysées1.

Ancien professeur-associé à l'Université de Paris IV-Sorbonne, il est le fondateur et directeur du Département Arts-musique et du Master Administration de la musique et du spectacle vivant, responsable du Laboratoire RASM et membre titulaire du laboratoire IDEAT de l'Université de Paris 1.

Il est l'auteur de plusieurs publications sur Erik Satie, Jean Dubuffet, Henri Dutilleux, Edison Denisov, ainsi que de nombreux articles sur la musique française, la musique russe, la création musicale, l'interprétation pianistique, et d'une trentaine de publications discographiques (Intégrales de Satie, Debussy, Poulenc, Roussel notamment).

Centrées sur la pluridisciplinarité du geste instrumental et sur la réception de la musique, ses recherches s'appuient pour une grande part sur son expérience de pianiste, et témoignent du souci de relier l'ingénierie du geste artistique à celui de sa « mise en public » par les institutions publiques et privées.

Il est Directeur du Festival de l'Université d'Évry « Les Friches musicales »

EMISSION DU JEUDI 10 Avril 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : VITTORIO GRIGOLO

Vittorio Grigolo (né le 19 février 1977, à Arezzo, Italie), surnommé Il Pavarottino (Le Petit Pavarotti), est un chanteur italien à la tessiture de ténor.

Biographie
Vittorio Grigolo est né à Arezzo, mais a passé son enfance à Rome. Il a commencé à chanter à l'âge de quatre ans. Quand il avait neuf ans, il a accompagné sa mère chez l'opticien et, entendant quelqu'un chanter dans une autre pièce, il a spontanément commencé sa propre interprétation de l'Ave Maria. Le chanteur, le père de l'opticien, a été si impressionné qu'il a accompagné, dès que possible, Grigolo à une audition pour le Chœur de la chapelle Sixtine.

Vittorio a été finalement choisi pour faire partie du chœur de la Chapelle musicale pontificale Sixtine comme soliste. Il a alors étudié pendant cinq ans à la Scuola Puerorum à la Chapelle Sixtine. À 13 ans, il a joué le Pastorello dans une exécution de Tosca à l'Opéra de Rome, où il a partagé la scène avec Pavarotti ; dès lors, il est connu comme 'Il Pavarottino'. À 18 ans, Vittorio a rejoint la troupe de l'Opéra de Vienne. Il est devenu l'homme le plus jeune à chanter un rôle soliste (à 23 ans) à la Scala de Milan. Il fut exempté de service militaire à cause de sa carrière prometteuse. Vittorio a chanté dans le Barbier de Séville, La traviata, Rigoletto, Così fan tutte, Faust et plusieurs autres opéras avant de reprendre également le rôle de Tony dans West Side Story.

EMISSION DU VENDREDI 11 Avril 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.

Interview de Frédéric Chambert, directeur artistique du Théâtre du Capitole.

Critique (extrait du Clou dans la planche : www.lecloudanslaplanche.fr)

Publié le 20 Avril 2014

La surprenante genèse que voilà... Les Pigeons d'argile auront eu une naissance atypique, voire effrontée. C'est l'histoire d'un directeur artistique (Frédéric Chambert, Théâtre du Capitole) qui vient débaucher un compositeur n'ayant jamais pratiqué l'opéra (Philippe Hurel, qui cependant touche à tout le reste depuis 1981, et notamment à l'informatique musicale) ; lequel compositeur, pour ne pas freiner le mouvement, part à son tour à l'affût d'un librettiste inattendu – Tanguy Viel, romancier de son état. Une plume peu portée sur les dialogues, n'ayant jamais pratiqué le théâtre, l'écriture dramaturgique. Afin de corser l'entreprise, Frédéric Chambert tient à une configuration plutôt classique, « grand opéra » – six solistes et un comprimario non sonorisés, un chœur mixte et l'orchestre symphonique en fosse – mêlant à des explorateurs de répertoires (le ténor Gilles Ragon, le baryton Vincent Le Texier) une mezzo-soprano connue pour ses rôles dramatiques, ici dans un travail vocal à contre-emploi (Sylvie Bonnet-Gruposo) et des premiers rôles n'ayant jamais ou rarement tenté l'aventure du contemporain ; amenant, pour finir, la metteur en scène Mariame Clément à travailler en parallèle avec ces messieurs, sans la précieuse base d'une partition achevée. Bien. On ne leur reprochera pas d'avoir cherché à faire simple ! Est-ce que la monstrueuse entreprise tient la route ? Plutôt, oui.

« J'ai besoin que mes personnages apprennent à devenir souverains » (Tanguy Viel*) Toni et Charlie questionnent la pertinence de l'action dans un monde qui semble avoir épuisé toutes les idéologies, toutes les utopies. Eux y croient, à la poésie de l'action ; pour « jeter leur corps dans la bataille », ils enlèveront Patricia, fille du puissant Bernard Baer. Tandis que le milliardaire leur envoie la police aux trousses, et que le père de Toni (Pietro) voit son cœur déchiré par la raison et l'amour paternel, la captive du couple d'activistes se laisse gagner par leur cause et prend les armes à son tour. L'ensemble est narré du point de vue de Charlie, personnage écartelé entre "l'amour et la révolution", rôle central et lieu du tragique.

Le livret s'inspire d'un fait divers américain des années 70 : fille d'un magnat de la presse, Patty Hearst est enlevée à Berkeley par un groupuscule d'extrême gauche. De ce noyau, l'écriture extrait ses deux voies : d'une part une veine politique et révolutionnaire (distanciée, questionnée tel un antique sujet d'étude) ouvrant sur l'activisme européen (empreinte italienne dirigeant vers les Brigades Rouges) et, d'autre part, une veine cinématographique fusionnant polar et film d'action. Un sacré feuilletage temporel et culturel, mêlant étroitement des strates américaine, italienne et même allemande, le tout écrit en français. Tanguy Viel se saisit de la même famille qui avait, dans les années 40, intéressé Orson Welles pour Citizen Kane ; son obédience cinéphile l'a conduit à tisser un autre lien, avec Pasolini cette fois-ci, rejoignant de ce fait les Années de Plomb. Sa broderie chronologique ne stationne pas pour autant dans le passé et fait évoluer ses personnages au crépuscule du XXème siècle, avec une grande prise de distance à l'égard des événements historiques qui l'ont marqué – incarnés, mais conjurés, par le père de Toni, « socialiste de village » que la Chute du mur de Berlin ne fait plus vibrer.

Au-delà du jeu de références, qu'en résulte-t-il concernant l'écriture spécifique d'un livret, dans laquelle Tanguy Viel débute ? Passons vite sur le choix (décisif) d'une langue contemporaine réussissant le pari de l'oralité tant que de la puissance poétique : la vivacité, la fulgurance d'un ensemble séquentiel mais consistant, lui doit beaucoup. Causons plus longuement de la construction des personnages. La plume du romancier y puise à la fois sa force et sa fragilité. La force pour les trois aînés, à la psychologie complexe – et notamment ceux de Bernard Baer et de la femme flic, étonnamment métaphoriques en certains moments, qui conjurent une vision stéréotypée. La figure centrale de Charlie est elle-aussi étoffée, et bénéficie d'une approche dramaturgique très marquée (prologue en flashback qui s'avérera mensonger). Seul bémol, et faiblesse d'un opéra qui eût pu être plus long sans grand dommage, le personnage de Patricia Baer : Vaninna Santoni n'est absolument pas en cause, c'est à l'instant décisif du soi-disant syndrome de Stockholm (qui n'en est pas vraiment un, Patricia connaissant Toni depuis sa tendre enfance) que l'écriture pèche, bien trop rapide. Pivot capital, la jeune femme, dont la première apparition sur le plateau (en jeu muet) est vraiment judicieuse, ne bénéficie pas du soin apporté à la psychologie des autres personnages, à celle de Charlie, notamment, dont elle constitue pourtant le double inversé. Son glissement de ses origines bourgeoises à des prétentions révolutionnaires en reste là : un petit glissement, durant lequel on ne sent pas le personnage "devenir souverain". Dommage.

Hormis ce détail, l'ensemble excelle. Et quand on parle d'ensemble, il faut vraiment se figurer un opéra assemblé ab ovo avec une complicité rare, pleine d'égards envers les spécificités de chacun. Avec l'aval de l'équipe, Tanguy Viel ne s'est rien refusé – la metteur en scène et Julia Hansen (décors et costumes) ont, sans broncher, hérité d'un livret-défi. Ball-trap, enlèvement, fusillade, braquage… Chœur d'invités puis de journalistes envahissant un plateau déjà fort rempli… Il le veut ? Elles le peuvent. L'immense écran intégré au dispositif scénique vient complèter des choix ingénieux : parfois induit par le livret (télévision, caméra de surveillance de la banque), il devient plus intéressant encore lorsqu'il ouvre une dimension supplémentaire : le doublet artiste en scène et artiste filmé réussit rarement, mais les décors de films choisis véhiculent ici un réalisme brut, dont l'opéra ne se fait pas franchement une spécialité. Piquant mélange des genres. En découle un plateau idéal, imprégné de la cinéphilie du librettiste : une structure métallique tournante, permettant, avec l'appui des lumières, de compartimenter l'espace-temps et de juxtaposer des tableaux. Afin de ne jamais laisser la mise en scène s'installer, Mariame Clément fera finalement (acte III) évoluer les personnages dans un décor évidé, sorte de manège forain, de parc pour enfants abandonné, attendant d'être repeuplé… Il le sera dans l'ultime tableau : par une banque ! Oh l'admirable tourbillon des mondes !
Philippe Hurel, lui, ne sait que trop bien pourquoi il a choisi Tanguy Viel. Un pari sur ses propres désirs ? « Je voulais quelque chose d'énergique, qu'on sorte un peu épuisé de ça* », explique-t-il. D'apparence, la chose pouvait ne pas sembler aisée, vu la part prépondérante du récit dans le livret ; oui, mais possiblement dans une veine épique, avec du souffle. Afin de nouer, sans sacrifier l'un à l'autre, l'action et le lyrisme, le compositeur a conjugué profondeur et stridences ; la rythmique porte – emporte – l'ensemble, travaillant, comme la mise en scène, à une coordination de tableaux au sens cinématographique du terme.

Soutenus par un chœur rendu à son rôle catalytique, vigoureusement ponctués par l'orchestre, les caractères et les idéaux s'y font et s'y défont – fragiles et illusoires comme ces pigeons d'argile lancés pour le tireur du dimanche, dans un monde où les morts véritables côtoient celles, obscènes leurres, d'une violence de loisir. ||
Manon Ona

EMISSION DU LUNDI 14 Avril 2014

Emission réservée aux grands compositeurs : RICHARD STRAUSS

Richard Strauss est un compositeur et chef d'orchestre allemand né à Munich le 11 juin 1864 et mort à Garmisch-Partenkirchen le 8 septembre 1949.

Richard Strauss a abordé à peu près tous les genres : musique instrumentale pour orchestre, instrument soliste (dont le concerto) ou œuvres pour formation de chambre, poème symphonique, opéra, lied, ballet. Si son nom est connu du grand public, c'est avant tout grâce aux trois opéras Salomé, Elektra et Le Chevalier à la rose, sinon par le biais du poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra (1896), dont le Prologue, célèbre à travers le monde entier, fut utilisé dans le film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick. Ces pages célèbres de Richard Strauss ne sont pourtant qu'une infime partie d'une production fort riche qui aborde une grande diversité de genres, styles et caractères.

Le patronyme Strauss est extrêmement commun dans les pays germaniques, et il n'existe aucun lien de parenté entre Richard Strauss et les deux Johann Strauss (père et fils), originaires de Vienne (Autriche) et surnommés les rois de la valse. Les quelques valses composées par Richard Strauss ne sont présentes dans ses œuvres qu'à titre de clin d'œil à la tradition viennoise, en référence à une époque antérieure (par exemple dans les opéras Le Chevalier à la rose ou Arabella) ou comme élément connotant l'érotisme et la sensualité. Il est vrai que le patronyme Strauss est très courant dans le monde germanique (il signifie « bouquet »).

EMISSION DU MARDI 15 Avril 2014

Emission réservée aux grands opéras : ARIANE A NAXSOS de RICHARD STRAUSS

Ariadne auf Naxos, op. 60 est un opéra allemand en un prologue et un acte de Richard Strauss sur un livret d'Hugo von Hofmannsthal, créé le 25 octobre 1912 au Neues Königliches Hoftheater de Stuttgart, puis dans une nouvelle version le 4 octobre 1916 à Vienne (Hofoper).

Dans la première version, les deux premiers actes sont une adaptation de la comédie-ballet de Molière Bourgeois gentilhomme (1670), le troisième est consacré à la représentation de l'opéra Ariane à Naxos. Dans la seconde version, la pièce de Molière est remplacée par un prologue entièrement chanté.

Argument

A Vienne, un bourgeois donne chez lui une réception somptueuse. Il a commandé à un jeune compositeur un opéra inédit. Quelques heures avant les festivités, le majordome annonce que la représentation sera suivie d'une comédie plus légère destinée à détendre les convives. Les préparatifs se déroulent dans la confusion la plus totale. Les acteurs ne se satisfont pas du nouveau déroulé de la soirée, et le compositeur est complètement défait. Au dernier moment, le maître fait savoir par la voix du majordome que les deux spectacles seront donnés simultanément. Zerbinette, l'actrice principale de la comédie, retrouve le compositeur abattu et discute avec lui de son opéra. Les deux se rapprochent quand vient l'heure de la représentation. Le compositeur s'enfuit pour ne pas assister au dévoiement de son travail.

Ariane a été abandonnée par Thésée, sur l'île de Naxos. Elle passe le plus clair de son temps à dormir et désespère du sort que son amour lui a réservé. Les acteurs italiens issus de la comédie prévue en même temps se trouvent également sur l'île. Ils déplorent le sort d'Ariane et l'injustice qui lui est faite, tandis que celle-ci attend que la mort vienne la délivrer. Les italiens tentent de la divertir, quand Zerbinette survient et entreprend de parler directement à Ariane. Elle lui vante son mode de vie, la liberté et les infidélités, son amour immodéré des hommes. Mais la princesse n'entend pas. L'arrivée inopinée de Bacchus réveille Ariane, qui le prend pour Thésée et part avec lui dans un nouvel amour.

EMISSION DU MERCREDI 16 Avril 2014

Emission réservée aux instruments : VIOLON et VIKTORIA MULLOVA

Viktoria Mullova (en russe : Виктория Юрьевна Муллова, Viktoria Iourievna Moullova ; née le 27 novembre 1959 à Moscou) est une violoniste russe dont le talent exceptionnel a été récompensé notamment par un premier prix au Concours Sibelius en 1980 et une médaille d'or au Concours Tchaïkovski en 1982. Elle est réputée pour son exceptionnelle polyvalence et son intégrité musicale.

Elle a été l'élève de Leonid Kogan.

Elle joue un violon d'Antonio Stradivari (ou Stradivarius) le "Jules Falk" de 1723.

EMISSION DU JEUDI 17 Avril 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : THE HILLIARD ENSEMBLE

The Hilliard Ensemble est un quatuor vocal britannique spécialisé dans l'interprétation de la musique ancienne et contemporaine fondé en 1973 par Paul Hillier, Paul Elliott, et David James. Le nom du quatuor est un hommage à Nicholas Hilliard, un peintre miniaturiste de l'époque élisabéthaine.

Composition de l'ensemble
La composition de l'ensemble a toujours été fluctuante. Paul Hillier quitte le groupe à la fin des années 1980 pour fonder le Theatre of Voices. Les membres actuels du groupe sont David James (contre-ténor), Rogers Covey-Crump (ténor), Steven Harrold (ténor) et Gordon Jones (baryton). L'ensemble s'adjoint le cas échéant des chanteurs supplémentaires pour les polyphonies de plus de quatre voix.

Répertoire
Bien que son répertoire soit pour la plupart constitué de musique médiévale et de la Renaissance, l'ensemble chante également de la musique contemporaine, ayant notamment enregistré de nombreuses longues compositions d'Arvo Pärt, comme Miserere, Sarah Was Ninety Years Old, Passio et Litany, pour le label ECM. Il interprète des œuvres de Josquin des Prés (De profundis), Gavin Bryars, Veljo Tormis, John Cage, Erkki-Sven Tüür et Ielena Firsova, entre autres, lors de ses nombreux concerts.

Officium, un album sorti en 1993 en collaboration avec le saxophoniste norvégien Jan Garbarek, est rapidement devenu l'un des disques les plus vendus de l'histoire du catalogue ECM1.

EMISSION DU VENDREDI 18 Avril 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.


EMISSION DU MARDI 22 Avril 2014

Emission réservée aux grands opéras : CHEVALIER A LA ROSE de RICHARD STRAUSS

Der Rosenkavalier (Le Chevalier à la rose en français) est un opéra en trois actes composé par Richard Strauss, sur un livret de Hugo von Hofmannsthal1.

Il fut créé à Dresde le 26 janvier 19111 sous la direction de Ernst von Schuch, sous la supervision de Max Reinhardt, puis à Monte-Carlo en 1926 et Paris en 1927.

Parmi les grandes interprètes du rôle de la Maréchale, on peut citer Lotte Lehmann, Elisabeth Schwarzkopf (de 1952 à ses adieux à la Monnaie de Bruxelles en 1972), Régine Crespin (à partir de 1957), Lisa della Casa, Christa Ludwig, Anna Tomowa-Sintow ou plus récemment Felicity Lott et Renée Fleming.

EMISSION DU MERCREDI 23 Avril 2014

Emission réservée aux instruments : VIOLON avec HILARY HANN

Hilary Hahn est une violoniste américaine, née à Lexington (Virginie - États-Unis), le 27 novembre 1979.

*
Entre 1984 et 1989, Hilary Hahn étudie le violon à Baltimore sous la direction de Klara Berkovich. En 1990 elle est admise au prestigieux Institut Curtis à Philadelphie où elle étudie avec Jascha Brodsky, dernier élève vivant d'Eugène Ysaÿe. Elle travaillera avec lui pendant sept ans, jusqu'à la mort de Brodsky âgé de 89 ans. Elle est vite repérée pour sa maîtrise technique et ses interprétations originales des œuvres de Johann Sebastian Bach.

Elle commence ensuite sa carrière de concertiste, avec l'Orchestre de Philadelphie, l'Orchestre de Cleveland, l'Orchestre symphonique de Pittsburgh, et l'Orchestre philharmonique de New York. Sa notoriété dépasse rapidement les frontières américaines ; en 1995 Hilary Hahn donne à Munich son premier concert international en exécutant le concerto pour violon de Beethoven.

En novembre 2001, le journal Time Magazine la consacre meilleure jeune musicien classique américain. Depuis cette date, elle enchaîne les tournées et compte parmi les violonistes les plus en vogue du moment. Elle a obtenu de nombreuses distinctions pour ses enregistrements et elle a collaboré avec James Newton Howard à la réalisation de la musique du film The Village en 2004. Elle a notamment reçu deux Grammy Awards, dont un pour le Prix du Meilleur Disque, récompensant son disque "Sibelius/Schoenberg: Violin Concertos".

Hilary Hahn enregistre aujourd'hui exclusivement pour Deutsche Grammophon (depuis 2003), et joue sur un violon du maître-luthier Jean-Baptiste Vuillaume de 1864.

EMISSION DU JEUDI 24 Avril 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : THE CAMBRIGE SINGERS


EMISSION DU VENDREDI 25 Avril 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.


EMISSION DU LUNDI 28 Avril 2014

Emission réservée aux grands compositeurs : FERNANDO SOR

Fernando Sor (de son vrai nom Joseph Fernando Macari Sors) est un guitariste et compositeur espagnol, né le 13 février 1778 à Barcelone, décédé le 10 juillet 1839 à Paris.

Biographie
Il débuta son apprentissage musical avec son père, puis à l'Abbaye de Montserrat, à une époque où la guitare était peu populaire en tant qu'instrument de concert. Ses parents souhaitant qu'il poursuive une carrière militaire plutôt que musicale, Sor s'enrôla dans l'armée et fut déplacé vers Madrid, où il fit la connaissance de la duchesse d'Albe, protectrice de nombreux artistes tel que Goya, qui lui permit de trouver un emploi de musicien.

En 1813, lors de la défaite de Joseph Bonaparte en Espagne, Sor, qui était rallié à la cause française, dut quitter le pays, pour ne plus jamais y revenir. Il s'établit à Paris, où l'activité artistique était en grande effervescence, où également la guitare jouissait d'une grande popularité, ce qui lui permit de se bâtir une grande renommée en tant que compositeur, interprète et enseignant. Sa Méthode pour la guitare, publiée en 1830, aida beaucoup à raffermir sa réputation, qui dépassa celle de ses contemporains (Dionisio Aguado, Matteo Carcassi, Ferdinando Carulli et Mauro Giuliani). Pendant environ quinze ans, il voyagea à travers l'Europe pour présenter ses œuvres à un public qui se montrait très réceptif. Outre Paris, il fut très populaire à Londres. Il épousa la danseuse Félicité Hullin et, en 1823, le couple s'installa à Moscou (Russie). En 1826, les époux se séparèrent et Sor revint vivre à Paris.

Les dernières années de sa vie furent d'un contraste malheureux, puisque sa seconde compagne et sa fille moururent, l'une peu après l'autre. Sor composa sa dernière œuvre orchestrale à la suite de la mort de sa fille, une Messe en sa mémoire. Il succomba peu après à un cancer de la langue, le 10 juillet 1839. Il fut enterré anonymement au cimetière de Montmartre, à Paris, et ce n'est qu'en 1934 que sa tombe fut identifiée.

Œuvres
Bien que Sor soit reconnu surtout pour son travail à la guitare, il composa sous diverses formes : du lied à l'opéra, en passant par la musique pour ballet et les chansons patriotiques. Son œuvre à la guitare comprend des études et des leçons, des variations, des menuets, des valses, des fantaisies, etc.

C'est son élève Napoléon Coste qui se chargea de cataloguer ses œuvres après sa mort.

Si Fernando Sor reste une référence marquante encore aujourd'hui c'est probablement grâce à une exigence de compositeur qu'avaient peu de guitaristes de son époque. Il s'exprimait à ce sujet en préface de trois de ses recueils de petites pièces dont les titres à l'ironie mordante sont successivement Voyons si c'est ça, Est-ce bien ça et À la bonne heure. Il y explique qu'il tente de faire des œuvres de plus en plus simples pour répondre à la demande d'amateurs rebutés par la difficulté1 :

« [...] J'ai donc tâché de faire aujourd'hui comme les auteurs qui ne tombent point dans ces inconvénients : j'ai écrit pour l'Éditeur ; aussi bien je suis le mien depuis l'œuvre 34. J'ai suivi mes modèles dans leur marche mélodique et dans celle de la basse ; j'ai omis seulement certaines transitions que je n'ai pu m'expliquer et dont peut-être ne se rendraient pas raison non plus Haydn, Mozart, ni Beethoven, car je n'en ai jamais trouvé de pareilles dans leurs musique. [...] »

Les références de Sor sont ici explicites ; son admiration pour Mozart apparaît dans ses compositions, comme le célèbre Introduction, thème et variations sur O cara armonia de La flûte enchantée de Mozart, et des transcriptions de ce même opéra.


EMISSION DU MARDI 29 Avril 2014

Emission réservée aux grands opéras : SALOME de RICHARD STRAUSS

Salome, en français Salomé, est un opéra en un acte (op. 54) de Richard Strauss sur un livret de Hedwig Lachmann, tiré de la pièce de théâtre Salomé d'Oscar Wilde et créé le 9 décembre 1905 au Hofoper de Dresde

L'action se situe au début de l'ère chrétienne et se déroule sur une grande terrasse du palais d'Hérode, sous le règne d'Hérode Antipas.

La nuit, sur une terrasse du palais, Salomé, belle-fille d'Hérode, est observée avec passion par Narraboth, capitaine de la garde. Jochanaan (Jean-Baptiste), prophète est emprisonné dans une citerne pour avoir diffamé Hérode. Il proclame l'arrivée de Jésus, mais son appel rencontre l'incompréhension des gardes. Salomé entend le prophète. Elle parvient à convaincre les gardes de faire sortir Jochanaan afin de le voir. A la fois fascinée et apeurée par ses prophéties, Salomé se prend de passion pour cet homme. Narraboth ne peut supporter la scène et se tue à l'aide d'un poignard. Jochanaan est reconduit dans la citerne. Hérode, Hérodias et la Cour sortent sur la terrasse. Ils y trouvent Salomé et le cadavre de Narraboth. Hérode tente de distraire Salomé tandis que la voix du prophète retentit, s'en prenant à Hérodias. Une controverse s'ensuit entre celle-ci et Hérode tandis que Jochanaan annonce la venue du Messie. Hérode supplie Salomé de danser pour lui, promettant monts et merveilles. Celle-ci finit par accepter, au grand dam de sa mère. Hérode est subjugué, mais Salomé exige comme prix la tête de Jochanaan. Après avoir refusé, puis tenté de réduire son exigence, Hérode finit par céder et le bourreau descend dans la citerne. Il ressort, brandissant la tête du prophète dont Salomé s'empare. Elle lui parle et finit par baiser les lèvres tant désirées. Hérode, horrifié, donne l'ordre de tuer Salomé.

EMISSION DU MERCREDI 30 Avril 2014

Emission réservée aux instruments : PIANO avec CLAUDIO ARRAU

Claudio Arrau, né à Chillán (Chili) le 6 février 1903 et mort à Mürzzuschlag (Autriche) le 9 juin 1991, est un pianiste chilien.

Ayant débuté comme enfant prodige dès l'âge de quatre ans, il connut l'une des carrières les plus longues et les plus admirées de la musique classique. C'était un spécialiste de la musique romantique, notamment de Frédéric Chopin, de Robert Schumann, et de Franz Liszt, mais aussi de Ludwig van Beethoven, qu'il interprétait avec noblesse et profondeur, avec un son de piano hors du commun.

Biographie
Il est le fils de Carlos Arrau Ojeda, ophtalmologue, et de la pianiste Lucrecia León Bravo. Reconnu comme enfant prodige, le jeune Claudio Arrau obtient une bourse pour aller étudier à Berlin avec Martin Krause, l'un des derniers élèves de Franz Liszt. Celui-ci jouera pour le jeune Arrau beaucoup plus que le rôle d'un simple pédagogue. Il sera en réalité un véritable père de substitution. Dépassant le simple champ de la musique, Krause sera également celui qui initiera Claudio Arrau à la peinture et à la littérature. Arrau restera toute sa vie marqué par l'enseignement de Krause et au décès de celui-ci, quand Arrau n'a encore que 16 ans, il décide de ne plus suivre d'autre enseignement. Ayant suivi toutes ces années une formation hautement empreinte de culture germanique, Arrau fut longtemps considéré comme un pianiste davantage allemand que sud-américain. De là, également, une prédilection pour les compositeurs allemands dont il se fera une spécialité (Brahms, Schumann, Beethoven) et dont il enregistrera la plupart des œuvres.

Pour autant, son répertoire ne se limite pas au seul xixe siècle. Il est également un interprète remarquable de Chopin et de compositeurs du xxe siècle comme Claude Debussy. Vu l'étendue de son répertoire, on peut le considérer comme un véritable encyclopédiste du piano. La discographie de l'artiste ne rend que fort peu compte de ses affinités avec la musique contemporaine, puisque si Arrau est interprète de Bach, de Mozart, des romantiques (Beethoven, Schubert, Liszt, Chopin, Schumann, Brahms), et des modernes (Debussy, Albéniz, Ravel), il l'est aussi de Schönberg.

Commençant sa carrière dans les années 1930, il fait sensation lorsqu'il donne à Berlin, en 1935-1936, en un cycle de douze récitals, l'intégrale de l'œuvre pour clavier de Bach (hormis les pièces pour orgue). La concurrence à cette époque est particulièrement rude. Backhaus, Kempff, entre autres, jouent déjà les premiers rôles.

En 1937, Arrau épouse une cantatrice allemande, la mezzo-soprano Ruth Schneider (décédée en 1989) ; ils auront trois enfants : Carmen (1938–2006), Mario (1940–1988) et Christopher (1959).

En 1940, Arrau quitte Berlin et le nazisme, mais aussi une réputation bien assise, pour s'installer aux États-Unis et y recommencer une nouvelle carrière. Bien qu'il y soit un parfait inconnu, le succès ne tarde pas à venir, et dès lors il ne le quittera plus tout au long des cinquante années qui suivront.

Son interprétation de la sonate de Franz Liszt, des Nocturnes de Chopin, des Ballades de Johannes Brahms et des Préludes de Claude Debussy sont, encore aujourd'hui, des références discographiques. Au début des années 1960, il signe un contrat d'exclusivité avec l'éditeur de disques Philips, qui lui permettra d'enregistrer la plus grande partie de son répertoire, dans des prises de son d'une qualité exceptionnelle.

Le jeu d'Arrau se caractérise tout d'abord par un scrupuleux respect du texte. Il s'insurgera notamment contre le fait que le compositeur et pianiste Sergueï Rachmaninov ait, dans un de ses enregistrements, modifié la partition de la seconde sonate pour piano de Chopin. Pour autant, il sait faire respirer le texte et ses interprétations sont des modèles de l'art de faire sonner et de timbrer le piano. Ne le cédant en rien aux virtuoses du clavier tels Horowitz, sa technique, héritage direct de la technique de Liszt, fait merveille dans les œuvres les plus ardues du répertoire telles que les Variations sur un thème de Paganini de Brahms. Pianiste à l'idiome poétique métaphysique, artiste angoissé (champion des traitements de psychanalyse), il avait ce toucher de velours que plusieurs pianistes lui enviaient. Sa « patte » léonine montrait une dynamique éblouissante qui, bien souvent, donnait l'impression qu'il jouait sur un clavier dont l'étendue dépassait les 88 notes. Rares sont les pianistes qui furent aussi à l'aise à la fois dans Beethoven et dans Chopin. Claudio Arrau savait les revisiter avec un souffle mélodique toujours intense, inquiet, ténu mais d'une précision psychologique exceptionnelle.

En 1979, Arrau prit la nationalité américaine en signe de protestation contre la dictature de Pinochet.