EMISSION DU LUNDI 3 MARS 2014

Emission consacrée aux Grands Compositeurs : FRANZ SCHUBERT

Franz Peter Schubert, 9ème enfant d'une famille de douze, naît à Vienne le 31 Janvier de l'année 1797, d'un père issu d'une famille paysanne de Moravie et d'une mère silésienne. Cour intérieure de la maison natale de Schubert Très jeune, Schubert reçut de son père une éducation générale de base ; mathématiques, littérature, latin et musique. Le frère ainé de Schubert, Ignaz, lui donna des cours de pianoforte alors que son père lui fit jouer du violon. Le chef de choeur de l'eglise Liechtental, Michael Holzer, prit Schubert en charge pour lui apprendre l'orgue, tout en lui donnant des leçons de chant mais aussi d'harmonie et de contrepoint. C'est ainsi qu'à l'âge de 10 ans, Schubert manifestait déjà un grand talent pour le chant et se vit confier la place de premier soprane du chœur. Mais surtout, Schubert se distinguait déjà dans la composition de lieder, de quatuors à cordes et de pièces pour clavier.
En Mai 1808, Schubert eut la possibilité d'intégrer le chœur de la Cour de la Chapelle Impériale et Royale et recevoir dans le même temps une éducation gratuite au séminaire : Mathématiques, Latin, Grec, Sciences naturelles, Religion, Géographie, Histoire et bien sûr Musique lui furent imposés. En intégrant l'orchestre du séminaire, Schubert fit la connaissance de Josef von Spaun qui restera toute sa vie un très bon ami. Le 28 mai 1812 vînt à mourir la mère de Schubert, alors âgée de 55 ans. Les conséquences de cette mort sur la vie de Schubert ne nous sont pas connues, toutefois elle coïncide avec la prise en charge privilégiée du jeune compositeur par Salieri qui donna au jeune prodige une formation de contrepoint. Plus les années passaient au sein du séminaire, plus Schubert se démotivait de ses études, en faveur de son dévouement musical.

Vers la fin de l'année 1813 Schubert quitta le séminaire pour intégrer la Normal-Hauptschule, une institution spécialisée dans la formation d'enseignants. Dans sa jeunesse Schubert alla souvent à l'opéra en compagnie de Spaun ; des visites qui l'encourageaient à en composer pour son propre compte. Toute sa vie durant cependant, malgré ses nombreuses tentatives, il ne parviendra jamais vraiment à s'imposer dans le genre.

En 1814 Schubert composa un quatuor à cordes (D112), ses deux premières symphonies ainsi que sa première Messe en fa majeur dont il dédia la partie soliste à Thérèse Grob, son amour d'adolescence, et possiblement la seule fille à jamais être tombée sous son charme. Schubert composa également en 1814 ses premiers lieder importants, comme Gretchen am Spinnrade ou Am See.
L'année 1815 sera une année passionnée pour Schubert qui était tombé fou amoureux de Thérèse Grob. Dans ce climat de romantisme exalté il multipliait à un rythme frénétique la composition de lieder ; on estime qu'il en aurait composé au moins 145 rien qu'en une seule année. Ajoutez à cela une autre symphonie, des oeuvres de scène, deux messes, des pièces sacrées, des danses pour piano, deux sonates, un quatuor à cordes en sol mineur ; au total Schubert aurait écrit 200 compositions durant l'année 1815, soit plus d'une tous les deux jours ! C'est de l'automne 1815 que date le fameux lied Erlkönig.

En avril 1816, avec le soutien de Salieri, Schubert postula pour devenir maître de musique à l'école Allemande Normale de Laibach, afin d'améliorer ses conditions vitales et financières. Mais ce fut en vain. Suite à cet échec, Schubert décida soudainement d'arrêter l'enseignement, pour tenter de mener une vie en tant que compositeur indépendant, vivant simplement grâce à la publication de ses oeuvres. Il espérait beaucoup du poète, acteur et éditeur Franz von Schober que lui avait présenté Spaun et qui allait lui aussi devenir un ami très fidèle de Schubert. Schubert profita également de l'hospitalité de Schober, qui l'hébergea à plusieurs reprises.
Parmi les compositions importantes de 1816 sont à retenir d'autres lieder dont certains sur des textes de Goethe, un quatuor à cordes en mi, trois sonates pour violon, un trio pour cordes, ainsi que ses 4ème et 5ème symphonies. Malheureusement, malgré sa grande fécondité musicale, Schubert n'avait jusqu'à là rien pu publier. Ce n'est qu'en juin 1816 qu'il reçut véritablement sa première commande ; la cantate Promethée.
Fin 1816 Schubert fit une nouvelle rencontre importante, celle du baryton Johann Michael Vogl qui restera lui aussi un des amis les plus précieux de Schubert sa courte vie durant.
En 1817 Schubert compose sa célèbre mélodie La Truite, et il parvient à achever ses véritables premières sonates pour le pianoforte. A la fin de l'été Schubert dû revenir habiter chez son père et retrouva sa fonction à l'école, son ami Schober étant parti pour la France. Il y compose de nouvelles œuvres dont deux Ouvertures et sa Symphonie n°6.

En Juillet 1818, Schubert part à Zseliz en Hongrie auprès du comte Johann Karl Esterhazy où il est chargé de donner des leçons de musique aux filles de ce dernier. Période heureuse dans la vie de Schubert qui nous a valu la composition des Marches militaires et des Polonaises.
Schubert revient à Vienne à la fin de l'année 1818 et emménage chez le poète Mayrhofer chez qui il restera jusqu'en 1820.

Au début de l'année 1819 fut interprétée en concert la nouvelle œuvre lyrique de Schubert Les frères jumeaux qui avait été commandée grâce à Vogl par le Kärntnerthor.
En été Schubert fut invité par Vogl en vacances à Steyr, où il composa son célèbre Quintette " La truite " et sa Sonate D664 ainsi que de nouveaux lieder. C'est une période particulièrement heureuse dans la jeunesse de Schubert

Malgré le succès mitigé des Frères jumeaux, Schubert fut chargé par le Théâtre de Vienne de composer en 1820 une nouvelle œuvre lyrique, Die Zauberharfe, mais la critique se montra assez pessimiste une fois de plus.
C'est aussi de 1820 que date le fameux Quartetsatz, dans laquelle Schubert atteint incontestablement une nouvelle maturité dans l'écriture.

1821 sera l'année des premières publications des œuvres de Schubert, mais les éditeurs ne s'intéresseront vraiment jamais qu'à ses lieder et ses valses, la plupart de ses plus grandes œuvres ne seront en effet publiés qu'après sa mort.

En 1822, Schubert compose la célèbre symphonie Inachevée, vraisemblablement après qu'il ait découvert qu'il était atteint de syphilis. De cette période datent également la Fantaisie " Wanderer " et la Messe en la bémol D678. Schubert décida de retourner vivre auprès de sa famille après la découverte de sa contamination, mais son état de santé s'est aggravé au point qu'il dû faire un séjour à l'hôpital au printemps 1823. Pourtant la maladie n'enlèvera en rien les forces créatrices du compositeur ; on suppose que c'est à l'hôpital qu'il entama la composition du cycle de lieder La belle meunière. La Sonate D784 date également de 1823 de même que les œuvres lyriques Der Verschorenen et Fierabos, sans oublier les chef-d'œuvres miniatures dans le domaine du lied : Du bist die Ruh', Der Zwerg, Wehmut, Nacht und Träume.
En 1824 Schubert retrouve peu à peu la santé et compose son Octuor ainsi que ses deux grandioses quatuors à cordes La jeune fille et la mort et Rosamunde. Schubert atteint incontestablement dans ces chef-d'œuvres son style de la maturité, tout comme il le fait dans la Symphonie Inachevée. Sur le plan des vécus, même si Schubert retrouve - fragilement - la santé en 1824, il n'est pas pour autant l'homme le plus heureux du monde. Déceptions amoureuses, insuccès de ses opéras, santé fragilisée, désintégration progressive des Schubertiades, autant de raisons qui font du Schubert de 1824 un homme mélancolique et tourmenté. Même son second voyage à Zseliz durant l'été n'arrangera pas son humeur maussade. C'est pourtant là qu'il composera le Grand duo et le Divertissement à la hongroise pour 4 mains. En automne il revient habiter chez son père, à Rossau, où il compose la Sonate pour Arpeggione.

Le début de l'année 1825 verra se diminuer sensiblement la production musicale du compositeur, en raison sans doute de sa complicité avec le peintre Moritz von Schwind rencontré deux années auparavant. Mais le peu qu'il compose est d'une qualité très raffinée ; avant tout Die junge Nonne et les sonates D845 et D840 (" reliquie ") .
L'été passé avec Vogl dans les montagnes autrichiennes sera plus heureux et sa musique plus illuminée ; Schubert y composa sans doute sa Neuvième symphonie (la " grande ") ainsi que la sonate D850. Il semble que Schubert parvienne avec sa dernière symphonie achevée à rivaliser avec Beethoven, même si son style demeure très singularisé.

Durant les trois dernières années de sa vie, la réputation de Schubert allait considérablement augmenter. Les concerts avec sa musique se sont multipliés de même que la publication de ses œuvres, et son nom s'est davantage diffusé à travers l'Europe.
D'autres lieder célèbres verront le jour en 1826, comme An Silvia, Im Frühling, Fisherweise ou Ständchen D889. En musique de chambre, Schubert compose son dernier quatuor à cordes, le quinzième, en sol majeur, et en musique pour piano il compose la Sonate D890 surnommée " Fantaisie " par les éditeurs.
Schubert est mort au premier étage de cette maisonCommence alors la période de tous les chef-d'œuvres ; en 1827 Schubert compose son cycle de chants Winterreise, sa Messe allemande, ses deux Trios pour piano, violon et violoncelle, ses Moments musicaux, ses Impromptus D899 et D935. En 1828, il compose son plus grand chef-d'œuvre pour 4 mains, la Fantaisie en fa mineur D940, les lieder du Schwanengesang, la Fantaisie pour violon, les trois Klavierstücke, l'Allegro pour quatre mains " Lebensstürme ", la dernière grande Messe en mi majeur D950, les deux derniers lieder der Hirt auf dem Felsen et Die Taubenpost, le Quintette pour cordes D956, les trois dernières Sonates D958, D959, D960. On peut sans doute expliquer cette suite de chefs-d'œuvres, tous aussi géniaux les uns que les autres, par le fait que Schubert sentait en lui la maladie reprendre ses droits et il savait ses jours comptés. Comme s'il luttait contre le peu de temps qui lui restait à vivre pour dire tout ce qui lui restait à dire. Il laissera derrière lui une Dizième Symphonie, inachevée, mais au combien prometteuse et prophétique sur le plan de l'écriture, certains musicologues y voient une anticipation sur Bruckner. On est en droit de se demander quel caractère aurait pris sa musique, avait-il vécu quelques années de plus. Mais le destin en a voulu autrement, Schubert est mort de typhoïde, à 31 ans, le 19 Novembre 1828 , laissant dernière lui une Œuvre grandiose à tous points de vue.

EMISSION DU MARDI 4 MARS 2014

Emission réservée aux grands opéras : LA BOHEME de PUCCINI

La Bohème est un opéra en quatre tableaux1 de Giacomo Puccini, sur un livret en italien de Giacosa et Illica, d'après le roman d'Henri Murger, Scènes de la vie de bohème, et son adaptation théâtrale La Vie de bohème. Composé entre 1892 et 1895, il fut créé le 1er février 1896 au Teatro Regio de Turin, sous la direction d'Arturo Toscanini.
L'œuvre ne doit pas être confondue avec l'opéra-homonyme de Ruggero Leoncavallo, créé l'année suivante et qui demeure rarement représenté.

Argument

La Bohème ne comporte que quelques mesures d'ouverture. L'action se déroule à Paris en 1830 et 1831.

Premier tableau
Dans une mansarde parisienne.
Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline, quatre artistes de la « bohème », partagent une mansarde insalubre. Rodolfo est poète tandis que Marcello, artiste peintre, entretient une liaison avec la belle et riche Musetta. Ils doivent payer le loyer mais ils n'ont plus un sou.
Marcello est en train de peindre tandis que Rodolfo regarde par la fenêtre. Afin de se réchauffer, ils brûlent le drame de Rodolfo, encore à l'état de manuscrit. Colline, le philosophe, entre, en colère. Il n'a pas réussi à mettre en gage ses livres. Schaunard, le musicien arrive dans la pièce avec nourriture, cigares, argent, fruits d'un travail avec un excentrique gentleman anglais. En train de se jeter sur la nourriture, les autres l'écoutent difficilement raconter son histoire. Schaunard les interrompt. Il repousse le repas en déclarant qu'ils vont plutôt aller fêter leur bonne fortune en dînant au Café Momus.
Alors qu'ils boivent, le propriétaire, Benoît, fait son apparition avec l'intention de collecter le loyer. Ils le saoulent. Benoît en vient à raconter ses amours et à révéler l'existence d'une maîtresse, alors qu'il est marié. Feignant une grande indignation, les locataires le mettent dehors.
Rodolfo reste seul pour finir un article qu'il doit rendre sous peu. Ses trois amis sont descendus et l'attendent. Une femme frappe à la porte. C'est une voisine. Elle demande de l'aide car sa bougie s'est éteinte et qu'elle n'a pas d'allumettes. Sa chandelle rallumée, elle se rend compte qu'elle vient de perdre sa clé. Les deux bougies s'éteignent. Les voisins se retrouvent plongés dans l'obscurité. Rodolfo empoche la clé car il désire passer plus de temps avec cette femme. Il se saisit de la main glacée de sa voisine, se présente et déclare son amour (« Che gelida manina »). Mimì, c'est en fait le surnom de cette femme, lui répond sur le même mode (« Mi chiamano Mimì »). En bas, les amis de Rodolfo s'impatientent. Rodolfo suggère de rester dans la mansarde mais Mimi décide de l'accompagner. L'acte se clôt par la sortie du couple de l'appartement dans un duo d'amour (« O soave fanciulla »).

Deuxième tableau
Dans le quartier Latin.
Une grande foule s'est pressée, des vendeurs de rue essaient de retenir l'attention (Chœur « Aranci, datteri! Caldi i marroni »2). Les amis apparaissent, pleins de gaieté. Rodolfo achète à Mimì un bonnet. Des Parisiens bavardent avec des amis et marchandent avec les vendeurs, des enfants s'exclament devant les jouets de Parpignol. Les amis entrent au Café Momus.
Tandis qu'ils dînent au Café, Musetta, autrefois la maîtresse de Marcello, arrive avec un riche et vieux conseiller d'État, Alcindoro. Elle parle à ce dernier comme à un petit animal. Il est évident qu'elle est lassée de lui. À la joie des Parisiens et, pour le plonger dans l'embarras, elle entonne une chanson osée « Quando me'n vo ». Elle espère retenir l'attention de Marcello et y réussit pleinement : Marcello n'en peut plus de jalousie. Afin d'être débarrassée d'Alcindoro pour un moment, Musetta prétend souffrir d'un pied et l'envoie chez le cordonnier. Durant l'ensemble qui suit, Musetta et Marcello tombent dans les bras l'un de l'autre et se réconcilient.
L'addition est présentée aux protagonistes. À leur consternation, ils se rendent compte que l'argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta, rusée, met l'addition complète sur le compte d'Alcindoro. Un bruit de soldats se fait entendre. Marcello et Colline s'emparent de Musetta et la portent sur leurs épaules alors que la foule applaudit. Lorsque tous ont disparu, Alcindoro est de retour avec la chaussure réparée, tout en cherchant Musetta. Le serveur lui présente la facture. Alcindoro, devant la somme réclamée, s'effondre dans un fauteuil.

Troisième tableau
À la Barrière d'Enfer.
Des camelots franchissent les barrières et entrent dans la ville. Parmi eux se trouve Mimì, toussant violemment. Elle est à la recherche de Marcello, qui vit dans une petite taverne. Il peint pour le propriétaire des lieux. Mimì lui raconte ses difficultés avec Rodolfo, qui l'a quittée cette nuit (« O buon Marcello, aiuto! »). Marcello lui révèle que Rodolfo est endormi à l'intérieur. Cependant celui-ci vient juste de se lever et cherche son ami. Mimì se cache et écoute Rodolfo raconter à Marcello qu'il est parti parce que Mimì n'arrête pas de jouer les coquettes. Mais, finalement, il avoue la véritable raison : il craint que sa compagne ne soit atteinte d'une maladie la dévastant lentement (sûrement la tuberculose). Rodolfo, trop pauvre, ne peut se révéler d'aucun secours pour elle. Il espère que sa rudesse va amener Mimì à chercher un autre homme, plus fortuné. Mimì, qui a tout entendu, ne peut s'empêcher, en toussant, de révéler sa présence. Rodolfo et Mimì chantent leur amour perdu. Ils élaborent des projets pour se séparer amicalement (Mimì : « Donde lieta uscì »), mais leur amour est trop fort. Ils en arrivent à un compromis : ils se sépareront au printemps, à la saison des fleurs. Pendant ce temps, Marcello a rejoint Musetta, et le couple se dispute avec férocité (Quatuor Mimì, Rodolfo, Musetta, Marcello : « Addio dolce svegliare alla mattina! »).

Quatrième tableau
De retour dans la mansarde.
Marcello et Rodolfo sont apparemment en train de travailler. En fait, ils ressassent la perte de leurs amours (Duo: "O Mimì, tu più non torni"). Schaunard et Colline arrivent avec un dîner frugal et tous font semblant d'être attablés à un mirifique banquet. Ils dansent et chantent. Musetta arrive et apporte des nouvelles : Mimì, qui avait pris un riche protecteur, vient de le quitter. Musetta l'a trouvée errant par les rues, sévèrement affaiblie par sa maladie. Elle la ramène dans la mansarde. Mimì est installée dans un fauteuil. Marcello et Musetta partent céder les boucles d'oreille de cette dernière pour acheter un remède. Colline va lui aussi mettre son pardessus en gage (Colline: "Vecchia zimarra"). Schaunard, pressé par Colline, quitte lui aussi la pièce en silence pour laisser Mimì et Rodolfo ensemble. Seuls, ils se rappellent leur bonheur passé. (Duo, Mimì et Rodolfo: "Sono andati ?"). Ils revivent leur première rencontre - les bougies, la perte de la clé... Pour la plus grande joie de Mimì, Rodolfo lui montre le petit chapeau qu'il lui avait acheté. Il l'avait gardé en souvenir. Les autres reviennent avec un manchon pour réchauffer ses mains et des médicaments. Ils avertissent Rodolfo qu'ils ont appelé un médecin, mais Mimì est déjà évanouie. Alors que Musetta prie, Mimì meurt. Schaunard découvre le décès. Rodolfo devine ce qui vient d'arriver. Il crie avec désespoir le prénom de son amour.

EMISSION DU MERCREDI 5 MARS 2014

Emission réservée aux instruments : NARCISSO YEPES et la GUITARE

Narciso Yepes, guitariste espagnol (né à Lorca le 14 novembre 1927, mort à Murcie le 3 mai 1997).
D'une famille paysanne modeste, Narciso obtint une guitare et retrouve des airs populaires dès son jeune âge. Il étudia au Conservatoire de Valence. Il fait la connaissance du chef d'orchestre Ataúlfo Argenta, avec qui il interprète en 1947 le Concerto d'Aranjuez de Joaquin Rodrigo. Il entame une grande carrière et enregistre des pièces pour piano d'Isaac Albéniz, Enrique Granados ou Manuel de Falla, transcrites pour la guitare.

Il a connu une grande popularité grâce à son interprétation de la musique du film Jeux interdits. Il s'agissait dans ce film de plusieurs pièces transcrites comme celles de Robert de Visée ou de Jean-Philippe Rameau, choisies et interprétées comme celle de Napoléon Coste ou comme la fameuse romance qui a fini par porter le nom du film pour le public. Cette romance lui a souvent été attribuée dans les médias, alors qu'il s'agit en réalité d'une pièce publiée par Daniel Fortea avec la mention « anonyme » et dont la source est en fait une œuvre manuscrite de Fernando Sor à peine remaniée.

Il a également été un des seuls guitaristes du xxe siècle à utiliser couramment une guitare à dix cordes, avec laquelle il a enregistré de nombreuses transcriptions de musique espagnole avec la mezzo-soprano Teresa Berganza. Le compositeur français Maurice Ohana fut aussi très intéressé par cet instrument et composa de nombreuses œuvres pour celui-ci.

EMISSION DU JEUDI 6 MARS 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : RITA STREISCH

Née en Russie de parents allemands, elle revient encore enfant en Allemagne. Elle étudie le chant à Berlin avec tour à tour, Willi Domgraf-Fassbaender, Maria Ivogun et Erna Berger. Elle fait ses débuts à Aussig en 1943, dans le rôle de Zerbinetta dans Ariadne auf Naxos.
Elle se joint à l'Opéra d'État de Berlin en 1946, puis à l'Opéra d'État de Vienne en 1953, et commence en 1954, une longue association avec le Festival de Salzbourg.

Elle s'illustre dans les rôles de soubrettes, tels Susanna, Zerlina, Despina, mais aussi les rôles de colorature, Blonchen et La Reine de la Nuit, ainsi que ceux de soprano lyrique léger, Marzelline, Annchen, Olympia, Sophie, Gilda, Musetta, etc, tout en défendant l'opérette viennoise (Johann Strauss fils, Franz Lehar, Franz von Suppé).
À l'étranger, elle parait à Rome, Aix-en-Provence, Londres, Glyndebourne, Chicago, San Francisco.

Voix fraiche et brillante, comédienne piquante, Rita Streich a été l'une des meilleures interprètes de Mozart et Richard Strauss de sa génération. Elle était aussi très admirée comme récitaliste. À partir de 1974, elle enseigne au Conservatoire d' Essen.

EMISSION DU VENDREDI 7 MARS 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.


EMISSION DU LUNDI 10 MARS 2014

Emission réservée aux grands compositeurs : CLARA SCHUMANN

La fille du professeur Wieck
Son père Friedrich Wieck, célèbre professeur de piano, fait d'elle une concertiste prodige dès l'âge de neuf ans.
En 1827, elle a déjà rencontré son futur époux, Robert Schumann (elle a huit ans, il en a dix-sept), qui étudie auprès de son père. Clara donne son premier concert au Gewandhaus de Leipzig, où elle est remarquée par Goethe. En tournée à Paris, elle connaît un triomphe. Dès 1829, Clara publie ses premières œuvres, Quatre Polonaises tandis qu'en 1832, Robert publie Papillons ; Clara joue cette œuvre en concert l'année même. Entre 1834 et 1836, elle compose les Soirées musicales, qui connaissent un grand succès notamment auprès de Liszt.

L'épouse du musicien Schumann
À l'âge de seize ans, elle s'éprend de Robert Schumann. Robert demande sa main à son père lorsque la jeune fille atteint sa dix-huitième année. Mais Wieck s'oppose vigoureusement à leur mariage. Les amoureux sont séparés de force, mais communiquent par le biais d'amis et de messages musicaux dans les concerts de Clara. Le mariage est finalement célébré en 1840 à Schönefeld en exécution d'une décision judiciaire. Huit enfants, dont Felix Schumann, sont issus de leur union, ce qui tend à ralentir sérieusement le parcours musical de Clara.
Première interprète des œuvres de son mari, elle fait connaître et apprécier sa musique dont, selon ce dernier, elle est alors la seule à bien comprendre les délicatesses.
Clara est elle-même l'auteur d'une quarantaine d'œuvres, mais elle a en partie négligé la composition au profit du piano et de son rôle d'inspiratrice auprès de son mari.

En 1854, Robert Schumann est interné. Veuve dès 1856, Clara devient l'amie, la conseillère et l'inspiratrice de Johannes Brahms mais elle affirme désormais que ses seuls moments de bonheur sont ceux où elle joue ou écoute la musique de son cher disparu[réf. souhaitée].
Une artiste reconnue[modifier | modifier le code]
Clara se lance à corps perdu dans des tournées en Angleterre, en France, en Russie… jusqu'en 1891, date de son dernier concert. Elle enseigne par ailleurs le piano au Conservatoire de Francfort de 1878 à 1892. Elle est reçue dans le salon de la Landgravine de Hesse-Cassel, nièce de l'empereur, mélomane et musicienne au talent reconnu.

De 1881 à 1893, elle établit une édition complète des travaux de son mari, dont elle n'a de cesse de défendre l'œuvre. C'est précisément en écoutant son petit-fils, Ferdinand, interpréter une œuvre de son célèbre aïeul (Romance en fa majeur, Op. 28 n° 2)[réf. souhaitée] qu'elle s'éteint le 20 mai 1896, ayant enduré vers la fin de sa vie des problèmes de surdité. Elle est enterrée aux côtés de son mari au Vieux-Cimetière de Bonn.
Elle fait partie des rares femmes compositrices de renom au xixe siècle, avec Fanny Mendelssohn, Louise Farrenc et Cécile Chaminade.

EMISSION DU MARDI 11 MARS 2014

Emission réservée aux grands opéras : CAVALLERIA RUSTICANA de MASCAGNI et PAILLASSE de LEONCAVALLO

Cavalleria rusticana (en français : « Chevalerie campagnarde ») est un opéra en un acte composé par Pietro Mascagni, sur un livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci. Le livret est inspiré d'une nouvelle de Giovanni Verga. Cet opéra est de loin l'œuvre la plus célèbre du compositeur. Le jeune compositeur, qui n'avait composé qu'une opérette reçut le premier prix d'un concours proposé par l'éditeur Sonzogno, soucieux de rechercher de nouveaux talents. Il a été créé au Teatro Costanzi de Rome, le 17 mai 1890. Dans les années qui suivirent, Cavalleria rusticana fut représenté sur de nombreuses scènes européennes et connut un succès phénoménal (on dit que c'était un des opéras favoris de la Reine Victoria). Mascagni a su mener une intrigue brutale, simple et efficace. Sa musique, assez peu sophistiquée, se rapproche souvent de la chanson populaire du sud de l'Italie, notamment dans les airs de Turiddu (Sicilienne O Lola, Brindisi Viva il vino spumeggiante)
En raison de sa brièveté et de ses fortes ressemblances, au moins quant à l'esthétique théâtrale, avec un autre opéra vériste composé à la même période : I Pagliacci (Paillasse en français) de Ruggero Leoncavallo, il lui est souvent associé : à la scène, au disque, au DVD... Pour les « intimes » de ces deux opéras, on parle du couple « Cav and Pag. »
L'opéra dure environ une heure dix minutes.

Argument : Acte uniquE

La scène se déroule dans un village sicilien au xixe siècle, le jour de Pâques. Le prélude orchestral ouvre sur le thème du désespoir de Santuzza et se poursuit sur la sérénade que Turriddu adresse à Lola, la jeune épouse d'Alfio : c'est une chanson sicilienne chantée derrière le rideau. Le rideau se lève ensuite dévoilant la place du marché. Dans le fond s'élève l'église tandis que, sur la gauche, on voit la boutique de vins de Mamma Lucia.
Alors que sonnent les cloches de l'église, des femmes, en dehors de la scène, chantent la beauté du jour pendant que les hommes, également dans les coulisses, vantent le zèle et le charme de leurs femmes. Bientôt une foule d'hommes et de femmes se rassemble pour assister à la messe. Ils entrent dans l'église et, tandis que leurs voix s'éteignent, Santuzza, une jeune villageoise, triste et mélancolique, apparaît alors et se dirige vers la boutique de Mamma Lucia. Elle la rencontre alors que celle-ci est sur le point de partir à l'église et lui demande où se trouve son fils Turiddu. Lucia répond qu'il est parti le soir précédent pour chercher du vin. Mais Santuzza rétorque que Turiddu a été vu pendant la nuit dans le village. "Et que savez–vous au sujet de mon fils ?" interroge alors Lucia.

Leur conversation est interrompue par l'arrivée d'Alfio et le tintement des clochettes de son cheval. Alfio chante gaiement les joies de la vie de charretier, en dépit de ses difficultés. Puis, il réclame du vin à Mamma Lucia. Celle–ci lui répond alors que Turiddu est parti en chercher. Alfio s'étonne car il a vu Turiddu, ce matin, près de chez lui. Mais à ce moment s'élève, venant de l'église, le son de l'orgue et celui des prières qui jettent à genoux tous ceux qui se trouvent sur la place. Et tous, d'une même ferveur, chantent l'Hymne de Pâques pendant que la procession villageoise pénètre à son tour dans l'église, laissant Santuzza et Mamma Lucia seules dehors.
Santuzza s'épanche alors avec passion en racontant à Lucia l'histoire de son amour trahi : Turiddu, qui était fiancé à Lola avant son départ pour l'armée, l'a retrouvée à son retour mariée à Alfio ; il est alors devenu l'amant de Santuzza qui l'aime à la folie. Mais Lola lui a de nouveau volé son amant et Santuzza s'effondre en larmes, en se croyant maudite. Mamma Lucia, bouleversée par ce qu'elle vient d'entendre, pénètre dans l'église à son tour. C'est à ce moment qu'arrive Turiddu, tâchant d'abord d'éviter Santuzza. Mais celle-ci l'interpelle et lui reproche amèrement sa conduite. Le ton monte très vite et la querelle s'envenime quant survient Lola, en quête de son mari. Avisant Santuzza, elle trouve le moyen de la railler avant de pénétrer à son tour dans l'église.

À nouveau seuls, Santuzza et Turiddu reprennent leur dispute, faite de cris et de supplications ; excédé, Turiddu bouscule avec violence Santuzza qui s'effondre à terre en maudissant son amant avec cette haine, cette fureur que peut seule produire une passion.
Alfio sort à ce moment de l'église où vient de se précipiter Turiddu. Santuzza, folle de jalousie, lui raconte alors tout ce qui s'est passé entre sa femme et Turiddu. Alfio, abasourdi, jure vengeance et part sur le champ. Santuzza, soudain saisie d'un remords prémonitoire, le suit, effarée. La scène est alors vide et c'est le grand intermezzo symphonique, imprégné du sombre présage de la tragédie imminente et maintenant inévitable.
La messe de Pâques est terminée et tous les villageois sortent de l'église. Lola est pressée de rentrer chez elle mais Turiddu la retient un moment et invite tout le monde à boire. Chacun s'égaie et Turiddu boit à tous les vrais amoureux. À ce moment, Alfio refuse, de manière offensante, le vin que Turiddu lui offre : "je n'accepte pas votre vin ; il se transformerait en poison dans mon estomac". Turiddu réalise alors qu'Alfio sait tout et qu'après cette insulte, il ne peut que se battre avec lui.

Comme le veut la coutume sicilienne avant un duel, les deux hommes s'embrassent et Turiddu mord l'oreille d'Alfio. Alfio se dirige ensuite vers le verger pour ce duel au couteau. Turiddu appelle sa mère, il a le pressentiment de sa mort proche et il lui demande sa bénédiction, puis il lui recommande Santuzza avant de partir vers son destin. Mamma Lucia, bouleversée, pleure seule tandis qu'arrive Santuzza qui l'embrasse. Et tout aussitôt la place s'emplit de villageois agités d'où émerge une voix de femme qui s'écrie : Hanno ammazzato compare Turiddu. Turiddu est mort. Mamma Lucia et Santuzza s'effondrent en poussant des cris d'horreur et de désespoir.

Le rideau tombe précipitamment sur un hurlant vivacissimo orchestral.

EMISSION DU MERCREDI 12 MARS 2014

Emission réservée aux instruments : VIOLON avec VADIM REPIN

Vadim Repine (hors de la France toujours: Vadim Repin1, Vadim Viktorovitch Repine, en russe : Вадим Викторович Репин, [vɐˈdʲim ˈvʲiktɐrvʲitɕ ˈrʲepʲin]2) est un violoniste à la double nationalité russe et belge, né le 31 août 1971 à Novossibirsk (Russie). Il habite à Vienne.

Yehudi Menuhin aurait déclaré : « C'est tout simplement le meilleur et le plus parfait des violonistes qu'il m'ait été donné d'entendre »


EMISSION DU JEUDI 13 MARS 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : ROBERTO ALAGNA

Né de parents siciliens immigrés en France, Roberto a toujours chanté de manière naturelle, de la variété en passant par les célèbres mélodies napolitaines et siciliennes, jusqu'au jour où il fit la rencontre de Raphaël Ruiz. Un contrebassiste d'origine cubaine également professeur de chant qui décide de lui transmettre le goût de l'art lyrique tout en lui enseignant les premiers rudiments du chant classique. Mais en ce qui concerne réellement sa technique vocale hormis l'enseignement de M. Ruiz, cela reste un peu dans le flou, peut être volontairement, étant donné que sa façon de chanter est quasi identique « techniquement » à celle de Luciano Pavarotti avec certes une couleur et une hauteur de voix différentes.
Par la suite, sa rencontre avec Gabriel Dussurget, créateur du Festival d'Aix-en-Provence, puis avec la pianiste Elizabeth Cooper furent déterminantes (voir le livre autobiographique Je ne suis pas le fruit du hasard, éditions Grasset 2007).
Jusqu'à l'âge de 22 ans, il se produit dans les cabarets parisiens. En 1985 il sort le 45 tours Embrasse-moi chez Eddie Barclay. Puis, après avoir remporté le concours Pavarotti en 1988, il débute comme ténor lyrique dans le rôle d'Alfredo Germont de La Traviata de Verdi. Très vite, sa carrière connaît un rapide essor, qui le conduit sur les principales scènes lyriques mondiales (Scala de Milan, Metropolitan Opera de New York, Royal Opera House de Londres, Opéra Bastille de Paris, etc.).

EMISSION DU VENDREDI 14 MARS 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.


EMISSION DU LUNDI 17 MARS 2014

Emission réservée aux grands compositeurs : ROBERT SCHUMANN

Né le 8 juin 1810, à Zwickau, en Saxe, Robert Schumann est le sixième et dernier enfant d'August Schumann (1773-1826) et de Christiane Schnabel (1771-1836).

August Schumann est libraire, éditeur, et aussi écrivain. Il publie entre autres une série consacrée aux classiques anglais, français, italiens et espagnols en langue originale et en traduction.
Robert effectue sa scolarité dans une école privée puis au lycée de Zwickau, où il apprend le latin, le grec et le français. Il reçoit ses premiers cours de piano de l'organiste de la cathédrale, Johann Gottfried Kuntsch. Il participe à plusieurs concerts et commence à composer relativement tôt. Le musée Schumann de Zwickau conserve sa première œuvre intitulée – en français – « Le psaume cent-cinquantième », composée en 1822. En 1828, après avoir obtenu son Abitur (baccalauréat), il va, sur décision de sa mère et de son tuteur, étudier le droit à l'université de Leipzig.
Leipzig, qui compte à l'époque 41 000 habitants, est la deuxième ville de Saxe après Dresde. C'est la ville des foires internationales, et aussi la ville du livre et des éditeurs (Brockhaus, Reclam, Breitkopf & Härtel, ces derniers publient également de la musique). L'orchestre du Gewandhaus donne des concerts de très haut niveau, loin de ce que Schumann a pu connaître jusqu'alors. Bien qu'il s'en défende dans ses lettres à sa mère, Schumann est peu assidu dans ses études et fréquente plutôt les sociétés musicales et philosophiques de la ville.
C'est dans ces salons qu'il rencontrera le facteur de pianos Friedrich Wieck. Wieck, ambitieux et âpre au gain, avait mis au point une nouvelle méthode d'apprentissage du piano. Il comptait de nombreux élèves, au premier rang desquelles sa fille Clara, née en 1819, qu'il formait pour être l'une des enfants prodiges les plus brillantes de son temps : elle paraît en concert au Gewandhaus pour la première fois en octobre 1828. Schumann décide de devenir l'élève de Wieck et prend des cours de piano, d'harmonie et de contrepoint. Il compose entre autres des polonaises pour piano à quatre mains et des lieder
.
À Pâques 1829, il décide de s'installer à Heidelberg pour bénéficier de son climat culturel, et mettre de l'ordre dans ses études. Il en profite pour entreprendre, en août et septembre, un voyage en Suisse, mais aussi en Italie, destination obligée des intellectuels allemands de l'époque. Il est impressionné par le théâtre de la Scala, mais moins par la musique qu'on y joue, notamment celle de Gioacchino Rossini. Le 30 juillet 1830, il confie par lettre à sa mère sa résolution de se consacrer à la musique.

EMISSION DU MARDI 18 MARS 2014

Emission réservée aux grands opéras : TRISTAN et ISOLDE de RICHARD WAGNER

Tristan und Isolde (en français Tristan et Isolde) est un opéra de Richard Wagner créé le 10 juin 18651 au Théâtre royal de la Cour de Bavière à Munich sous la direction de Hans von Bülow1. Cette « action en trois actes »2 est la mise en musique d'un poème que Wagner avait lui-même écrit d'après la légende médiévale celtique de Tristan et Iseut. Composée entre 1857 et 1859, l'œuvre est souvent considérée comme l'une des plus importantes du théâtre lyrique occidental. Selon les interprétations, sa durée peut varier entre 3 heures 40 minutes et 4 heures 30 minutes.

Inspiré en partie par l'amour de Richard Wagner pour la poétesse Mathilde Wesendonck, Tristan et Isolde est la première œuvre créée sous le patronage du roi Louis II de Bavière. En se tournant vers l'ouest et ses mers déchirées, Wagner offre un drame qui, fondé sur une idée unique, se contorsionne sur lui-même en une passion d'une telle intensité qu'elle ne peut qu'aboutir à une fin tragique qui, plus qu'un renoncement, est une délivrance.

Tristan et Isolde est un des meilleurs exemples du projet wagnérien de transformer l'opéra en drame musical. L'audace harmonique de la musique y commence à faire éclater le cadre de la tonalité. Le prélude du premier acte est devenu une pièce orchestrale à part entière, aussi célèbre que prestigieux et le chant d'amour d'Isolde, à la fin de l'œuvre, compte parmi les musiques les plus bouleversantes qui aient jamais été composées.

EMISSION DU MERCREDI 19 MARS 2014

Emission réservée aux instruments : PIANO avec VIKTORIA POSTNIKOVA

Issue d'une famille de musiciens, elle donne son premier concert à l'âge de sept ans, un an après avoir commencé ses études de musique à l'École centrale de musique de Moscou (1950-1962). Elle entre ensuite au conservatoire de Moscou où elle suit les cours de Jacob Flier (1962-1967). Elle obtient une mention honorable au Concours international de piano Frédéric-Chopin de Varsovie en 1965, et remporte en 1968 le premier prix du Vianna da Motta International Music Competition de Lisbonne. En 1966, elle est très remarquée au Concours international de piano de Leeds.

Cette même année, elle épouse le chef d'orchestre Guennadi Rojdestvenski. Ils donneront naissance au célèbre violoniste Sacha Rojdestvenski.

Enfin, Viktoria Postnikova obtient en 1970 le troisième prix du Concours international Tchaïkovski de Moscou. C'est ce dernier concours qui a marqué le véritable début de sa carrière.

En octobre 1995, le couple Rojdestvenski-Postnikova annule une représentation d'œuvres de Prokofiev prévue le lendemain au Théâtre des Champs-Elysées avec l'Orchestre national de France. Dans une lettre envoyée à Claude Samuel, directeur de la musique de Radio-France, Rojdestvenski explique que son épouse et lui ne peuvent travailler avec cet orchestre, ses musiciens étant indisciplinés, distraits et insuffisamment préparés1.
En 2004, Viktoria Postnikova reçoit le prix des Artistes du Peuple de Russie.

EMISSION DU JEUDI 20 MARS 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : ROCWELL BLAKE

Rockwell Blake (né le 10 janvier 1951 à Plattsburgh, New York) est un ténor américain1.

Débuts

Dès la fin des années 70, il entame une carrière florissante de ténor belcantiste aux États-Unis. À cette époque, sa voix –déjà très souple- atteint sans problème le contre-mi bémol. Beverly Sills lui propose de chanter le rôle de Don Ramiro dans La Cenerentola de Gioachino Rossini au New York City Opera. Il fait plus tard ses débuts au Metropolitan Opera, en 1981, aux côtés de Marilyn Horne dans L'italiana in Algeri.
Voix[modifier | modifier le code]

Son timbre est souvent décrit comme laid mais sa technique laisse tout le monde pantois. Il jouit d'une étendue vocale de deux octaves et demi2 et se livre à toutes sortes de pyrotechnies vocales. Il affectionne particulièrement l'exercice périlleux du pianissimo. Ainsi dans l'Occasione fa il Ladro de Rossini l'entend-on ponctuer l'air par un si aigu, qu'il mène ensuite vers le pianissimo et qu'il « remonte » ensuite à pleine voix, le tout d'un seul souffle. Rockwell Blake s'amusait souvent à enchaîner plusieurs phrases musicales sans respirer, au plus grand étonnement de ses collègues.
Anecdote Donna del Lago[modifier | modifier le code]

En 1983, Rockwell Blake est encore inconnu en Europe. Le Festival Rossini de Pesaro en est, lui aussi, à ses balbutiements. Le Festival confie au pianiste Maurizio Pollini la direction musicale de La Donna del Lago, un opéra relativement rare de Rossini. À quelques jours de la première, le ténor principal tombe malade et Rockwell Blake est appelé pour auditionner devant Maurizio Pollini et Alberto Zedda. Ceux-ci sont fous d'enthousiasme et décident sur le champ de l'engager. Seulement, sitôt cette nouvelle annoncée, le ténor souffrant se sent beaucoup mieux et les débuts européens de Rockwell Blake durent être différés3.

Carrière

Dès le milieu des années 80, Rockwell Blake chante essentiellement en Europe : Scala de Milan, Teatro dell'Opera de Rome, Festival Rossini de Pesaro, Opéra de Paris, Théâtre des Champs-Élysées, Liceu de Barcelone, Grand Théâtre de Bordeaux. Il retourne au Metropolitan Opera en 1987 pour Le Barbier de Séville et en 2002 au Lyric Opera of New York pour une version de concert de Marino Faliero de Donizetti.
Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Ses dernières apparitions scéniques remontent à 2005. On l'entend cette année en Uberto (Donna del Lago) et en Libenskof du Viaggo à Reims et à Monte-Carlo.
Retiré depuis, Rockwell Blake participe à un concert en 2009 au Carnegie Hall en hommage à la carrière de Marilyn Horne4.

EMISSION DU VENDREDI 21 MARS 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.


EMISSION DU LUNDI 24 MARS 2014

Emission réservée aux grands compositeurs : ALEXANDER SCRIABINE

Fils de Nikolaï Scriabine, diplomate, expert en langues orientales, et de Lioubov Petrovna Scriabine, pianiste talentueuse, Alexandre Scriabine est très vite livré à lui-même : sa mère meurt de tuberculose, et son père part pour la Turquie. Il est alors recueilli et élevé par sa grand-mère Elizaveta Ivanovna (1823-1916), et surtout par sa tante Lioubov Alexandrovna (1852-1941), qui lui apprend les bases du piano. Il est présenté en 1881 à Anton Rubinstein, grand pianiste et compositeur de l'époque, qui lui prédit un grand avenir (pour l'anecdote, Scriabine reproduira les mêmes encouragements à l'égard du pianiste Vladimir Horowitz, en ces mots adressés à sa mère : « Votre fils sera toujours un bon pianiste, mais cela ne suffit pas. Il doit aussi être un homme cultivé »).

Au début des années 1880, il entre au corps des Cadets de l'École militaire de Moscou grâce à son oncle. Il bénéficie alors d'un régime de faveur, puisqu'il peut faire plusieurs heures de piano par jour, et s'exempter des exercices physiques. 1883 est l'année de ses premiers vrais cours de piano, avec Nikolaï Zverev (en). En 1888, le jeune homme entre au Conservatoire de Moscou comme élève de Vassili Safonov en piano et d'Anton Arenski en composition. C'est là qu'il rencontre un autre élève, Rachmaninov, qui deviendra à la fois un ami et un rival. Il sera influencé par Chopin, à qui il voue un culte tout particulier (la légende veut que le jeune Scriabine eût l'habitude de dormir en ayant préalablement placé sous son oreiller quelques partitions de son maître). 1892 marque la fin de ses études au Conservatoire, sanctionnées par une médaille d'or en piano, et la publication de ses premières œuvres. Il n'achève pas son cursus en composition car il accepte mal l'esthétique de son professeur, Arenski, et s'y oppose.

Scriabine décide tout d'abord de devenir pianiste. Il commence sa carrière en 1892 et voyage dans toute l'Europe. Cependant, un jour qu'il joue les Réminiscences de Don Juan de Liszt, il se blesse à la main droite. Scriabine avait des mains relativement petites, et certains écarts imposés l'obligeaient à forcer sur l'extension de sa main. Il commence à douter de sa carrière de virtuose après que des médecins lui ont dit que les dégâts sont irréparables. Sa maladie lui permet d'éviter le service militaire. Cette période de handicap est pour lui une période de doute intense qui lui fait choisir la voie de la composition. Une fois ses capacités pianistiques retrouvées (les « spécialistes » de l'époque s'étaient trompés), il décide de reprendre une carrière de pianiste, mais il n'interprètera que ses propres compositions. Il débute en Russie, et obtient son plus grand succès à Paris le 16 mars 1896, salle Érard. Lors de son séjour dans la capitale française, il s'inscrit par ailleurs à la SACEM. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance du richissime homme d'affaires Mikhaïl Morozov et de sa femme Margarita Morozova qui le lance dans son salon musical de Moscou et devient son mécène.
Article détaillé : Margarita Morozova.

En 1897, il se marie avec Vera Ivanovna Issakovitch, brillante pianiste du conservatoire moscovite, dont il a une fille l'année suivante. En 1898, Scriabine pose également sa candidature au Conservatoire de Moscou, où il obtient le poste de professeur de piano. Les années qui suivent voient se succéder les naissances : en 1898, Rimma, en 1900 Elena1, en 1901 Maria, et en 1902, Lev. Pendant ces quelques années, il visite l'Exposition Universelle de Paris (1900), est nommé inspecteur de la musique à Sainte-Catherine de Moscou, devient membre de la Société de philosophie moscovite, et se plonge dans la lecture des philosophes antiques. En 1902, fatigué des jalousies au sein du Conservatoire de Moscou, il démissionne. Il fait la connaissance d'une élève du conservatoire, Tatiana Fiodorovna Schloezer (Tatiana de Schloezer), et dès lors sa situation familiale se dégrade. Il obtient une rente de la part de Margarita Morozova pour partir vivre aux environs de Genève en 1904, afin de poursuivre ses travaux philosophiques et musicaux.

À partir de 1904, le compositeur tient un journal personnel où sont notées ses réflexions musicales et philosophiques. Scriabine continue une vie conjugale artificielle avec sa femme, tandis que Tatiana Schloezer et Margarita Morozova (devenue veuve) le rejoignent en Suisse pour bénéficier de ses leçons. Sa vie personnelle est mouvementée : il quitte sa femme, et perd sa petite fille Rimma en 1905, puis il part quelques semaines plus tard en Italie avec Tatiana Schloezer qui devient enceinte de sa fille Ariane. Cependant, Vera Issakovitch refuse le divorce. Scriabine s'installe en couple sur la Riviera italienne, puis ne tenant plus compte de sa femme, il se marie avec Tatiana Schloezer.

Il se lie avec Gueorgui Plekhanov (1865-1918), fervent partisan des idées marxistes. En 1907, il s'installe à Paris avec Tatiana et signe un contrat de nombreux concerts avec Diaghilev, le fondateur des Ballets russes. Puis il s'installe à Bruxelles (rue de la Réforme 45), et réfléchit abondamment sur la synesthésie, résultat notamment de ses rencontres avec divers artistes et philosophes. En 1908, c'est l'année de la naissance de son fils Julian Scriabine. En 1909, il retourne en Russie, et continue à composer, tout en imaginant des projets grandioses alliant couleur et musique. Il s'inspire des écrits du Père Louis-Bertrand Castel (1688-1757), inventeur d'un clavecin qui associe couleurs et sons. Il continue ses tournées, notamment en Allemagne et en Angleterre, où ses pièces sont de plus en plus reconnues.

L'année 1911 voit la naissance de sa fille Marina. En 1914, il revient à Moscou, et continue à travailler sur ses projets grandioses. Son père décède la même année, et il ne tarde pas à le suivre dans la tombe : Scriabine donne son dernier concert en avril et décède le même mois. Les circonstances de son décès n'ont pas été éclaircies, certains la relient à une piqûre de mouche charbonneuse qui aurait entraîné une infection sanguine, d'autres considèrent que le grand compositeur est mort d'une pleurésie[réf. nécessaire].

Comme de nombreux autres artistes russes (puis soviétiques), Scriabine repose au cimetière de Novodiévitchi, à Moscou.

EMISSION DU MARDI 25 MARS

Emission réservée aux grands opéras : RIENZI de RICHARD WAGNER

Rienzi, der letzte der Tribunen (en français, Rienzi, le dernier des Tribuns) est un opéra de Richard Wagner créé le 20 octobre 18421.
Le sujet est basé sur l'histoire de Cola di Rienzo, et se déroule dans la Rome médiévale.
Troisième opéra achevé de Wagner, Rienzi est le dernier de ses opéras de jeunesse et ne fait donc pas partie de ses dix opéras principaux. L'influence de Meyerbeer s'y fait encore largement sentir. Rienzi fut le premier succès de Wagner et fut très apprécié par les admirateurs du compositeur. Il n'est cependant que très rarement présenté depuis les années 1940, et ce malgré quelques productions marquantes dans l'Allemagne de l'après-guerre. « Renié » d'une certaine façon par Wagner lui-même, il n'a pas droit de cité au Festival de Bayreuth.
Présenté pour la première fois en France au Théâtre-Lyrique impérial en 1869 sous l'égide de Jules Pasdeloup, dans une traduction française établie par Charles Nuitter et Jules Guillaume, représenté plusieurs fois dans la capitale alsacienne rattachée à l'Empire allemand, l'ouvrage ne revient à la scène en France qu'en 2002 en version de concert au Théâtre du Châtelet puis en ouverture de la saison 2012-2013 au Théâtre du Capitole de Toulouse, dans une mise en scène de Jorge Lavelli.

EMISSION DU MERCREDI 26 MARS 2014

Emission réservée aux instruments : VIOLLOCELLE avec MARIA KLIEGEL

Après avoir étudié avec János Starker à l'Université de l'Indiana, en 1981 Maria Kliegel a remporté le Grand Prix du Concours Rostropovitch à Paris. Mstislav Rostropovich est ensuite devenu l'un de ses mentors les plus importants.

Elle a commencé une carrière d'enregistrement avec succès sur l'étiquette Naxos en 1991, et son enregistrement de la Dvořák et Elgar Cello Concertos ( 8,550503 ) avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres a été un best-seller depuis de nombreuses années. Le compositeur Alfred Schnittke décrit son enregistrement de son pour violoncelle Concerto que la performance définitive.
Elle a reçu les honneurs fréquentes dont deux GRAMMY ® nominations.

Pour son livre multimédia et projet de DVD, Schott Cello Master Class: Mit Technik und Fantasie zum künstlerischen Ausdruck , publié en 2006, elle a reçu deux prix prestigieux, le Prix spécial Digita et le Prix européen des médias Comenius EduMedia-Siegel. Ce fut le point de départ pour la version anglaise Cello- Master: classe utilisant la technique et de l'imagination pour atteindre artistique Expression, sorti sur le label Naxos en 2010.

Depuis 1986, elle a été professeur à la Musikhochschule de Cologne et en 2001 mis en place, avec Ida Bieler (violon) et Nina Tichman (piano), le Xyrion Trio, qui a entrepris la supervision artistique du Festival de musique Andernach au château Namedy en 2007.

Maria Kliegel joue un violoncelle fabriqué par Carlo Tononi, Venise, dans c. 1730.

EMISSION DU JEUDI 27 MARS 2014

Emission réservée aux grandes voix du répertoire : ROLANDO VILLAZON

Rolando Villazón commence sa formation artistique à l'âge de 11 ans, en entrant à l'Académie des Arts Espacios. Après avoir été tenté un moment par la prêtrise, il décide de se consacrer à la musique qu'il découvre grâce au chanteur baryton Arturo Nieto qui lui fait découvrir le monde de l'opéra. En 1998, il est l'élève de Joan Sutherland au San Francisco Opera.

En 1999, il remporte le Prix du Public, le Prix Zarzuela et le second prix du Concours Plácido Domingo - Operalia.
En février 2003, il reçoit en France une victoire de la musique classique dans la catégorie « Révélation internationale de l'année ». En octobre 2005, il se produit à l'Opéra Bastille à Paris dans la Bohème de Puccini. Il signe un contrat d'exclusivité avec Virgin Classics. Débuts à la Monnaie de Bruxelles dans La Bohème et au Metropolitan Opera de New York dans La traviata.

Au festival de Salzbourg de 2005, il interprète le rôle d'Alfredo dans La traviata aux côtés de la soprano Anna Netrebko et de Thomas Hampson.
En juillet 2006, Rolando Villazón participe à un concert, en Allemagne, aux côtés d'Anna Netrebko et du ténor Placido Domingo.
Début 2007, il interprète le rôle d'Hoffmann dans Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach à l'Opéra de Paris (Opéra Bastille).

Ayant fait de Paris sa résidence permanente, il demande la nationalité française, qu'il obtient au cours de l'année 2007.

Après une longue pause vocale, entamée en été 2007, Rolando Villazon retrouve la scène lyrique le 5 janvier 2008 dans le rôle de Werther à Vienne. Une nouvelle[précision nécessaire] opération chirurgicale s'avère cependant rapidement nécessaire, si bien qu'il est à nouveau contraint à annuler ses engagements après quelques mois, pour une reprise au cours du mois de mars 2010.

Son récital discographique Cielo e mar est paru chez Deutsche Grammophon en 2008. Durant la saison 2010-2011, il fait le tour de l'Europe avec des concerts de chansons mexicaines. Il effectue également des débuts de metteur en scène très critiqué2,3 pour le Werther de Jules Massenet à l'Opéra National de Lyon. Il aborde également des rôles de Mozart en fin de saison : Alessandro à Zurich et Don Ottavio (en concert) à Baden-Baden.

EMISSION DU VENDREDI 28 MARS 2014

Emission réservée aux concerts qui ont lieu sur Toulouse et la région pour la semaine concernée.